(Corrige coquille §1)
par Gabriela Baczynska et Kate Abnett
BRUXELLES, 9 février (Reuters) - Volodimir Zelensky a
déclaré jeudi aux dirigeants de l'Union européenne et aux
députés du Parlement européen réunis pour l'occasion à Bruxelles
que l'Ukraine se défendait contre "la plus grande force
anti-européenne du monde moderne" et les a remerciés d'aider son
pays à se défendre contre la Russie.
Le président ukrainien est arrivé à Bruxelles dans
l'avion de son homologue français Emmanuel Macron, qui l'avait
reçu la veille
à l'Elysée
avec le chancelier allemand Olaf Scholz, une initiative qui
a fait grincer quelques dents au sein de l'Union européenne,
notamment
en Italie
.
Volodimir Zelensky avait effectué auparavant une visite
surprise à Londres, son deuxième voyage à l'étranger depuis le
début de l'invasion russe de l'Ukraine il y a près d'un an,
après les Etats-Unis en décembre.
Après avoir passé la nuit à Paris, le président ukrainien a
été accueilli à Bruxelles par la présidente du Parlement
européen, Roberta Metsola, qui a plaidé pour que les Vingt-Sept
fournissent à l'Ukraine les armes dont elle a besoin pour
"protéger sa liberté".
"L'Europe demeurera libre tant que nous serons ensemble,
et nous tenons tous à notre Europe", a répondu Volodimir
Zelensky dans son allocution devant les députés européens.
"Nous nous défendons contre la plus grande force
anti-européenne du monde moderne. Nous, Ukrainiens, sur le champ
de bataille, et avec votre soutien", a-t-il ajouté.
Volodimir Zelensky s'est ensuite adressé aux chefs
d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, auquel il a délivré un
message similaire : "Il ne peut pas y avoir d'Europe libre sans
Ukraine libre", leur a-t-il dit, rappelant que son pays n'avait
"jamais voulu, jamais provoqué la guerre".
Le président ukrainien a invité les dirigeants européens
à durcir et mieux cibler les sanctions contre la Russie,
évoquant notamment l'industrie des drones que le président russe
Vladimir Poutine disait vouloir développer dans une allocution
prononcée au même moment à Moscou. Il leur a demandé d'utiliser
"tous les moyens" à leur disposition pour permettre à l'Europe
de rester en paix.
PRIORITÉ AU COURT TERME
Alors que les Occidentaux se sont finalement engagés le mois
dernier à livrer des chars à l'Ukraine, Kyiv réclame dorénavant
des missiles à plus longue portée et des avions de combat.
Emmanuel Macron a assuré à son arrivée à Bruxelles que la
question des avions de chasse n'avait pas été abordée lors de
l'entretien trilatéral à Paris, bien que l'hypothèse de la
livraison de Mirage 2000 soit évoquée par certains experts.
Les pays occidentaux ont, pour l'instant, exclu de
fournir des avions à Kyiv par crainte d'une escalade avec
Moscou. La Grande-Bretagne a toutefois annoncé mercredi qu'elle
souhaitait commencer à former des pilotes de chasse ukrainiens
dès que possible.
Emmanuel Macron a déclaré pour sa part que les échanges
avec Volodimir Zelensky s'étaient concentrés sur les équipements
qui peuvent être fournis rapidement à l'Ukraine, alors que
l'armée russe semble avoir lancé une nouvelle offensive visant à
s'emparer de l'ensemble du Donbass.
"Il faut regarder ce qui est livrable à court terme. Ce
qui correspond aux besoins que les Ukrainiens ont pu détailler.
Il ne m'appartient pas ici de les commenter parce que c'est un
plan de bataille qui appartient au président de l'Ukraine et
qu'il a partagé avec nous de manière stratégique et ce n'est pas
quelque chose que je vous dirai", a-t-il expliqué.
"Nous sommes prêts comme depuis le début à aider, à
résister et réussir pour que les négociations puissent se tenir
dans le cadre le plus utile et le plus positif pour l'Ukraine."
ADHÉSION À L'UE
Selon un responsable ukrainien, Volodimir Zelensky
souhaite notamment profiter du sommet européen pour obtenir de
nouvelles livraisons de munitions.
"Il faut que le Conseil européen accélère ses livraisons
à l'Ukraine", a expliqué le responsable à la condition de
conserver l'anonymat. "Nous avons terriblement besoin de
munitions."
Les moyens de sortir du conflit et l'après-guerre sont
également au coeur des préoccupations ukrainiennes.
A Paris, Volodimir Zelensky a discuté avec Emmanuel
Macron et Olaf Scholz de son "plan de paix en dix points", a
indiqué le président français.
Le président ukrainien a aussi appelé les dirigeants de l'UE
à entamer rapidement les discussions en vue d'une adhésion de
l'Ukraine au bloc.
"L'Ukraine fera partie de l'Union européenne, une Ukraine
qui gagne", a-t-il assuré devant les députés européens.
Dans l'entourage de Volodimir Zelensky, on se dit "persuadé
que la décision d'entamer les négociations en vue de l'adhésion
peut être prise cette année".
Bien que certains pays membres de l'UE souhaitent donner à
l'Ukraine un signe de bonne volonté, d'autres se montrent plus
prudents, soulignant que les pays faisant acte de candidature
doivent remplir plusieurs critères, notamment en termes de lutte
contre la corruption, avant même le début des négociations.
"L'Ukraine ne peut bénéficier d'un statut spécial par
rapport à des pays comme, disons, les Balkans occidentaux, qui
ont entamé le processus d'adhésion (à l'UE) et franchissent
toutes les étapes", a dit un diplomate européen.
"On ne peut pas dire aux pays des Balkans : 'Eh bien, pour
entrer dans l'UE, il vous faut être en guerre'."
(Reportage de Gabriela Baczynska et Kate Abnette, avec Andrew
Gray, Sabine Siebold, Philip Blenkinsop, Bart Meijer, Charlotte
Van Campenhout, Sudip Kar-Gupta et Dan Peleschuk ; version
française Camille Raynaud, Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün,
édité par Kate Entringer et Blandine Hénault)
A Bruxelles, Zelensky dit que l'Ukraine lutte pour sa liberté et pour l'Europe
information fournie par Reuters 09/02/2023 à 13:45
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